La tribune du potager punk
La Terre se souvient.
Elle se souvient des racines, des vestiges, des fossiles mais aussi de la dépendance des humains aux cultures, aux fortes pluies, et du rythme des saisons.
Notre planète est un potager vivant qui fait de chaque parcelle un morceau de ce monde habitable.
Et nous ?
Nous oublions vite.
Nous vivons sur des terres agricoles que l’on bétonne comme si elles avaient toujours été des dalles vierges, comme si elles n’avaient jamais nourri personne.
La ville où se trouve notre potager, n’est pas née du sol : elle l’a mangé.
Elle s’étendra encore, mètre par mètre, sur ces terres fertiles, qu’elle transforme en parkings, en surfaces “propres” et lisse, des zones où la terre n’existera bientôt plus
Et quand une adventis renaît entre les interstices, quand une poignée de terre laisse passer quelques coléoptères , ca dérange.
On le dit “mal entretenu”.
On juge la nature selon une esthétique qui n’a rien à voir avec le vivant mais plutôt, qui a tout à voir avec le contrôle.
On croit avoir le droit de détruire un écosystème sous prétexte qu’il ne cadre pas avec l’image d’une ville disciplinée.
On croit avoir le droit de rasé un écosystème sous prétexte que ceux qui veulent grandir a ses côtés sont des sacrés fous zinzins.
Mais ce potager n’est pas une tache qu’il faut nettoyer:
c’est un témoin.
Il rappelle que la terre était ici avant les bulldozers.
Il rappelle que nous avons un lien ancestral en commun, fragile mais tenace.
Tant que le potager tiendra, la terre parlera.
Elle racontera qu’en traversant l’asphalte nous retrouverons le respect pour notre vivant et nos valeurs ethiques.
On entendra alors que la ville n’est pas toute-puissante, et que mal pensé, on y perdra notre humanité.
Alors, la vraie question n’est pas :
“Pourquoi laisser un potager ici ?”
Ça serait plutôt :
“Voulez vous effacer ce qui nous relie à la terre ?
Ou encore
« De quel droit détruit-on un sol vivant, est ce que vous vous sentez menacé par des petites antennes et des courges bio ou par Grégoire qui les fait poussée et qui rends votre village moins sécurisé ? »
Et chaque fois qu’un potager disparaît, c’est un morceau de cette mémoire qui s’éteint.
Protéger la terre, ce n’est pas protéger un simple espace vert.
C’est protéger un souvenir partagé entre les humains et les sols.
C’est refuser l’amnésie imposée par l’urbanisation sans limite.
C’est apprendre la patience, le respect et la tolérance, surtout envers les autres, qu’ils possèdent des jambes ou des racines.
C’est s’avoué que nos chemins de vie sont lié à ceux de la nature, et que notre avenir ne dépend que de ceux qui les ignorent
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